Et si je vous disais Tigre, vous le prendriez comment ? (Histoire de son symbolisme)

 

(A l’atttttttention extrême (comme cueillie au débotté) et subtile de Carisa !)

 

 

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Le tigre évoque, d’une manière générale, les idées de puissance et de férocité ; ce qui ne comporte pas que des signes négatifs.

C’est un animal chasseur, et en cela un symbole de al caste guerrière. Dans la géomancie, comme dans l’alchimie chinoise, le tigre s’oppose au dragon ; mais s’il est dans le premier cas, un symbole malfaisant, il figure dans le second un principe actif, l’énergie, par opposition au principe « humide » et passif, le plomb opposé au mercure, le souffle au semen.

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Les « Cinq Tigres », symboles de forces protectrices, sont les gardiens des quatre points cardinaux et du centre. On donne d’ailleurs à plusieurs reprises, dans l’histoire et la légende chinoise, l’appellation de « Cinq Tigres » (« Wou ho ») à des groupes de guerriers valeureux, protecteurs de l’empire. L’apparition d’un tigre blanc est un signe de la vertu royale. Le tigre est  plus spécialement un animal du Nord, du solstice d’hiver, où il dévore les influences maléfiques. S’ il est parfois la monture d’un Immortel, c’est qu’il est doué lui-même de longévité. Sa force symbolise encore dans le bouddhisme, celle de la foi, de l’effort spirituel, traversant la « jungle des péchés », elle-même figurée par une forêt de bambous.

Dans l’iconographie hindoue, la peau du tigre est u n trophée de « Shiva ». Le tigre est la monture de « Shakti », de l’énergie de la nature, à laquelle « Shiva » n’est pas soumis, mais au contraire qu’il  domine.

[Chow Yi-Ching, La philosophie morale dans le Néo-confucianisme, Paris, 1953]

[Jean  Danielou, le Mystère de  l'Avent, Paris, 1958.]

[Marcel Granet,  Danses et légendes de la Chine ancienne, 2 vol. Paris, 1926.]

[René Guénon, Symbole fondamentaux de la Science Sacrée, Paris, 1962.]

[Max Kaltenmark, Lao-Tseu et le Taoïsme, Paris, 1965.]

[Lectures Chinoises, N° 1, Pékin, 1945.]

[Ogrizek et Collaborateurs, le Japon, Paris, 1954.]

Monstre de l’obscurité et de la nouvelle lune, il est aussi une des figures du monde supérieur, « le monde de la vie et e al lumière naissante ». On le voit souvent reproduit laissant »échapper de sa gueule l’être humain, représenté comme un enfant. Il est l’ancêtre du clan, assimilé à la lune renaissante : la lumière qui revient.

[Carl  Hentze, Mythes et symboles lunaires, Anvers, 1932.]

[Mircea  Eliade, Traité d'histoire des religions, p. 161, Paris, 1949.]

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En Malaisie, le guérisseur a pouvoir de ses transformer en tigre. Il ne faut pas oublier que, dans tout le Sud-Est asiatiques, le Tigre-Ancêtre mythique est regardé comme l’ « initiant, » C’est lui qui conduit les néophytes dans la jungle pour les initier, en réalité pour les « tuer » et les « ressusciter » [Mircea Eliade, le Chamanisme et les techniques archaïques de l'extase, p. 306, Paris, 1951.]

En Sibérie, pour les Ghiliaks, le « tigre, par sa vie et par ses mœurs, est un homme véritable, qui ne revêt que temporairement l’aspect du tigre ». [Jean-Paul Roux, Faune et Flore sacrées dans les Sociétés Altaïques, p. 306, Paris, 1966 ; citant Dimitrii K.Zelenine, le Culte des Idoles en Sibérie, Paris, 1952.]

L’apparition du tigre dans les rêves provoque un réveil angoissé. Elle ranime les terreurs qu’a engendrées l’approche du fauve en forêt, ou sa vue dans les jardins zoologiques et les cirques. Beau, cruel, rapide, il fascine, il terrifie. Dans les rêves, selon Ernest Aeppli, « il représente un foyer de tendances devenues complètement autonomes et sans cesse prête à nous assaillir à l’improviste et à nous déchiqueter. Sa puissante nature féline incarne un ensemble de poussées instinctives dont la rencontre est aussi inévitable que dangereuse ; cette nature est plus rusée, moins aveugle que celle du taureau, plus féroce que celle du chien sauvage, quoique également inadaptée ; Ces instincts se montrent sous les aspects le plus agressif parce que, refoulé dans la jungle, ils sont devenus complètement inhumains. Pourtant le tigre fascine ; il est grand et puissant, même si il n’a pas la dignité du lion. C’est un despote perfide qui ne connaît pas de pardon. Voir déambuler un tigre dans ses rêves signifie être dangereusement être exposé à la bestialité de ses élans instinctifs. »

[Ernest Aepli, les Rêves et leur interprétation, p. 265,  Paris, 1951.]

Il symbolise l’obscurcissement de al conscience submergé par le flot des désirs élémentaires déchaînés. Mais s’il lutte comme dans certaines représentations, contre des animaux inférieurs, tels que des reptiles, i lest une figure supérieure de la conscience ; tandis que , s’il combat un lion ou un aigle, il ne figure que l’instinct en colère cherchant à s’assouvir, à l’encontre de tout interdit supérieur.

Le sens du symbole varie, comme toujours, avec la situation respective des êtres en conflit, qu’il se trouve alors gardien, ou protecteur.

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Une légende grecque, rapportée par Plutarque, explique pourquoi le nom de Tigre fut donné à un fleuve de Mésopotamie, qui s’appelait auparavant Stollax. Pour séduire une nymphe d’Asie, Alphésibée, dont il était amoureux, Dionysos se transforma en tigre. Arrivé au bord du fleuve, elle ne put s’enfuir au-delà  et se laissa saisir par le fauve, qui l’aida à passer sur l’autre rive. Leur fils, Médès, fut le héros éponyme des Mèdes et le fleuve prit le nom de Tigre en souvenir de la nymphe et du dieu qui s’étaient unis sur ses berges. [Pierre Grimal, Dictionnaire de al mythologie grecque et romaine, Préface de Ch. Picard, 3ème ed. corrigée, p.29, Paris, 1963.]

Selon d’autres légendes, d’origine babylonienne, le Tigre serait né des yeux de Mardouk, le Créateur, en même temps que l’Euphrate. Dans la Bible, c’est un des quatre fleuves du Paradis Terrestre. Dans son contexte suméro-acadien, le Tigre prend une très haute signification : «  le cours d’eau cosmique, cernant la terre comme un île, évoque le célèbre « Océan terrestre, l’ « Apson » , dont les textes cosmogoniques et cosmologiques de Mésopotamie font si grand cas [Sources Orientales, La Naissance du Monde, 1, p. 220, Paris, 1959.]

L’ « Apson » joue un rôle caractéristique dans la genèse du monde : « considéré comme une divinité masculine, il représente la masse d’eau douce sur laquelle flotte la terre ; Il prend sa source à l’Orient, près des montagnes du soleil, et entoure le monde comme un fleuve circulaire. C’est lui qui alimente nos cours d’eau. » [Ibidem, Sources Orientales, La Naissance du Monde, 1, p.119, Paris, 1959.]

Le Tigre en tant que fleuve, symboliserait l’eau douce, par opposition à la mer, « abîme d’eau salée d’où sortent toutes les créatures. »

 

 

Tiger surprise

 

LIRE AUSSI : http://soleilcouchant.over-blog.org/article-20039424.html

 

 

 

 

[Autres Sources : Dictionnaire des symboles, mythes, rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres.

Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

Editions Robert Laffont / Jupiter – Collection Bouquins – Ed 1982/.

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